Avoir confiance en soi quand on est chrétienne, est-ce vraiment compatible ? On peut vite associer la confiance en soi à l’orgueil, à l’autosuffisance ou à cette idée très moderne du « je n’ai besoin de personne ». Mais à l’inverse, manquer constamment d’assurance, avoir peur de décider, se comparer aux autres ou ne jamais oser s’affirmer n’est pas davantage un idéal. On peut être humble et bien dans ses baskets. Voici 8 pistes très concrètes pour développer une confiance en soi plus juste, plus solide et compatible avec la foi chrétienne.
1. Identifiez les situations dans lesquelles vous manquez de confiance en vous
Le manque de confiance en soi ne ressemble pas toujours à une grande timidité qui nous empêcherait de parler en public ou d’aller vers les autres. Il peut prendre des formes beaucoup plus discrètes : ne jamais réussir à prendre une décision sans demander l’avis de plusieurs personnes, changer d’opinion dès que quelqu’un nous contredit, ne pas oser porter quelque chose que l’on aime, accepter systématiquement les invitations ou les services alors que nous voudrions dire non, avoir besoin d’être constamment rassurée sur notre apparence… Et surtout, notre confiance peut énormément varier selon les domaines et les personnes qui nous entourent.
Peut-être êtes-vous parfaitement à l’aise dans votre famille mais perdez-vous vos moyens dans un groupe où vous avez l’impression que les autres sont plus cultivés, plus élégants ou plus sûrs d’eux. Peut-être avez-vous confiance dans vos compétences professionnelles mais beaucoup moins dans votre physique. Ou peut-être prenez-vous facilement de petites décisions quotidiennes mais paniquez-vous lorsqu’un choix important se présente. Avant de chercher vaguement à « avoir davantage confiance en soi », essayez donc d’identifier où, quand et avec qui cette confiance vous manque. C’est beaucoup plus facile de travailler sur quelque chose que l’on a réussi à nommer.
2. Apprenez à vous connaître au lieu de chercher à ressembler aux autres
Je crois beaucoup à la connaissance de soi. Comprendre son tempérament, son caractère, ses besoins, ses qualités et ses fragilités permet parfois de découvrir que certaines choses que nous considérions comme des défauts… n’en sont tout simplement pas. Une femme introvertie peut passer des années à se demander pourquoi elle n’a pas autant envie de sortir que son amie extravertie. Une femme réservée peut croire qu’elle devrait absolument devenir beaucoup plus expansive. Une femme sensible peut vouloir se durcir parce qu’elle admire des personnalités très différentes de la sienne. Mais pourquoi faudrait-il toutes se ressembler ?
Nous n’avons pas reçu les mêmes dons, le même tempérament, les mêmes talents ni la même vocation. La connaissance de soi permet justement de distinguer ce qui doit réellement être corrigé de ce qui est simplement différent. Et cette distinction peut faire énormément de bien.
3. Arrêtez de mesurer votre vie à celle des autres
La comparaison n’est pas toujours mauvaise. Une femme que nous admirons peut nous inspirer, nous donner envie de progresser ou nous montrer quelque chose auquel nous n’avions jamais pensé. Le problème commence lorsque nous nous servons constamment des autres pour mesurer notre propre valeur. Elle est plus élégante que moi. Elle semble mieux gérer ses enfants. Elle réussit davantage professionnellement. Elle a plus d’amis. Sa maison est impeccable. Elle semble tellement sûre d’elle. Elle paraît même avoir une meilleure vie spirituelle…
Nous finissons par regarder tout ce que les autres ont ou font mieux que nous, en oubliant complètement ce que nous avons reçu. Sans compter que nous comparons souvent notre vie entière avec une toute petite partie visible de celle de quelqu’un d’autre. Vous pouvez admirer les qualités d’une autre femme sans avoir besoin de devenir sa copie. S’inspirer, oui. Passer sa vie à se considérer insuffisante parce qu’une autre femme fait différemment, non.
4. Reconnaissez vos qualités sans avoir peur de devenir orgueilleuse
C’est un exercice que je conseillais déjà lorsque j’ai écrit sur la confiance en soi il y a plusieurs années : faire la liste de ses qualités. Nous sommes souvent beaucoup plus rapides lorsqu’il s’agit d’énumérer nos défauts ! Mais quelles sont réellement vos qualités ? Elles peuvent être physiques, intellectuelles, spirituelles, relationnelles, professionnelles, manuelles… Qu’est-ce que vous faites bien ? Qu’est-ce qui vous caractérise ? Qu’apportez-vous naturellement aux autres ? Vous pouvez également demander à quelques proches : « Si tu devais citer trois qualités chez moi, lesquelles choisirais-tu ? »
Les réponses sont parfois étonnantes. Certaines qualités nous paraissent tellement naturelles que nous ne réalisons même pas qu’elles en sont. Peut-être êtes-vous particulièrement souriante, accueillante ou attentive aux autres et cela fait-il énormément de bien autour de vous sans que vous vous en rendiez compte. Et non, reconnaître cela n’est pas manquer d’humilité. L’humilité ne consiste pas à prétendre que nous n’avons reçu aucun don. Elle consiste aussi à regarder la vérité : reconnaître nos qualités comme nos défauts, sans exagérer les unes ni les autres.
5. Faites la paix avec votre apparence
La confiance en soi passe aussi, pour beaucoup de femmes, par le rapport au corps. Trop grosse, trop maigre, pas assez jolie, un nez que l’on trouve trop grand, des cheveux que l’on voudrait différents… Nous pouvons passer beaucoup de temps à nous focaliser sur ce que nous n’aimons pas. Là encore, je crois beaucoup au juste équilibre. Notre corps n’est pas toute notre identité et nous n’avons pas besoin d’en faire le centre permanent de notre attention. Mais nous n’avons pas davantage besoin de le mépriser.
Prendre soin de son apparence, découvrir les couleurs qui nous illuminent, les coupes qui mettent notre silhouette en valeur, trouver une coiffure qui nous correspond… peut réellement aider à se réconcilier avec son image. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai souvent observé en conseil en image : quelques ajustements très simples peuvent suffire à changer complètement la façon dont une femme regarde exactement le même corps. Non parce qu’elle aurait soudain perdu vingt kilos ou changé de visage, mais simplement parce qu’elle a appris à travailler avec son corps plutôt que contre lui. Et parallèlement, il est essentiel de se rappeler que notre valeur ne dépend évidemment pas de notre beauté. Il s’agit simplement de remettre le corps à sa juste place : ni idole, ni ennemi.
6. Sortez progressivement de votre zone de confort
La confiance en soi ne se construit pas uniquement en réfléchissant. Elle s’exerce. Si vous attendez de vous sentir parfaitement sûre de vous avant d’oser faire quelque chose, vous risquez d’attendre très longtemps. Il faut parfois commencer par agir avec un peu d’appréhension pour découvrir ensuite que nous en étions parfaitement capables. Pas besoin de vous lancer immédiatement un défi extraordinaire. Prendre la parole une fois dans une réunion. Aller seule dans un café. Engager une petite conversation avec quelqu’un que vous ne connaissez pas. Porter cette couleur que vous adorez mais que vous trouvez un peu plus voyante que vos habitudes. Donner votre opinion lorsque vous auriez normalement préféré vous taire. Tester une nouvelle activité.
À chacune de trouver les petits défis qui correspondent à ses propres difficultés. Chaque fois que vous faites quelque chose que vous pensiez ne pas oser faire, vous obtenez une nouvelle preuve : « Finalement, j’en suis capable. » Et petit à petit, un cercle vertueux peut se mettre en place.
7. Apprenez à dire non
C’est probablement l’un des exercices les plus intéressants lorsqu’on manque de confiance en soi. Certaines personnes associent tellement l’affirmation de soi au conflit ou à l’égoïsme qu’elles préfèrent systématiquement dire oui. Oui à une invitation. Oui à un service. Oui à une demande. Oui alors même qu’intérieurement, elles pensent non. Mais avoir confiance en soi, c’est aussi être capable d’assumer ce que l’on pense et ce que l’on veut, sans pour autant devenir désagréable. On peut parfaitement dire : « Merci d’avoir pensé à moi, mais je ne pourrai pas cette fois-ci. » Ou : « Je ne peux pas faire cela, mais voici ce que je peux éventuellement te proposer. »
Et évidemment, avoir confiance en soi ne signifie pas non plus ne jamais faire quelque chose que l’on n’a pas envie de faire. Il nous arrive de nous sacrifier pour les autres, de rendre un service alors que nous préférerions nous reposer ou d’accepter une contrainte par amour. Mais il existe une différence importante entre choisir librement de faire un effort pour quelqu’un et dire systématiquement oui parce que nous sommes terrorisées à l’idée de décevoir ou que quelqu’un pense du mal de nous.
8. Ayez confiance en Dieu… sans renoncer à exercer votre propre jugement
C’est évidemment là que la question devient particulièrement intéressante pour une chrétienne. Avoir confiance en soi ne signifie pas croire que nous sommes autosuffisantes. Nous avons besoin de Dieu et nous avons besoin des autres. Mais dépendre de Dieu ne signifie pas non plus devenir incapable de réfléchir ou de décider. Nous avons reçu une intelligence, une volonté, des qualités, des talents et une liberté. Nous pouvons donc demander conseil, prier, discerner… puis prendre une décision. Et parfois nous tromper. Car avoir confiance en soi ne signifie pas : « Je suis certaine d’avoir raison et je ne me tromperai jamais. » C’est plutôt être capable de penser : « J’ai réfléchi, j’ai discerné du mieux que je pouvais et je prends cette décision. Si je me trompe, je pourrai le reconnaître, en tirer quelque chose et continuer à avancer. ». Je trouve cette distinction particulièrement libératrice.
Confiance en soi et humilité ne sont pas incompatibles
Je crois que nous pouvons parfois nous méfier de la confiance en soi parce que nous l’associons à l’orgueil. Mais entre « Je suis extraordinaire, je n’ai besoin de personne et les autres n’ont rien à m’apprendre » et « Je suis incapable, mon jugement n’a aucune valeur et les autres savent forcément mieux que moi », il existe tout de même un espace immense ! La juste place me semble beaucoup plus équilibrée : je sais ce que j’ai reçu, je sais aussi ce qui me manque, je remercie Dieu pour mes qualités, je travaille sur mes défauts et j’essaie de faire fructifier ce qui m’a été confié. Cette confiance-là peut même nous permettre de faire davantage de bien.
Combien de choses n’osons-nous jamais faire uniquement parce que nous avons peur ? Prendre la parole. Lancer un projet. Défendre quelqu’un. Dire ce que nous croyons. Créer. Nous engager. Faire de l’apostolat. Prendre une décision importante. Nous avons toutes quelque chose à apporter. Il serait dommage de passer à côté de ce que nous pourrions donner aux autres simplement parce que nous avons passé notre vie à penser qu’ils étaient plus capables que nous. Et si vous manquez aujourd’hui de confiance en vous, inutile de chercher à devenir demain matin une personne complètement différente. Commencez petit : mieux vous connaître, reconnaître vos qualités, arrêter certaines comparaisons, prendre une petite décision seule, sortir légèrement de vos habitudes, oser un non que vous pensez réellement… puis recommencer.
Avoir confiance en soi, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est peut-être au contraire devenir suffisamment solide pour assumer davantage celle que l’on est déjà, tout en continuant à grandir. Et pour une chrétienne, cela ne signifie pas : « Je peux tout faire toute seule. » Mais plutôt : « Je peux avancer avec ce que Dieu m’a donné, tout en sachant que je ne marche pas seule. »
Vos 8 pistes pour allier foi chrétienne et confiance en soi sont vraiment bienvenues, c’est un sujet trop peu abordé. L’idée que la confiance ne vient pas de l’orgueil mais d’un regard juste posé sur soi est lumineuse. Merci pour ce partage si concret et apaisant.